TAFTA et CETA : les Français disent non
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Les écologistes, qui dénoncent le traité transatlantique depuis des années, se félicitent que sa dangerosité soit enfin largement reconnue. Une large majorité de la population s’y oppose, ainsi que le Premier ministre.

Il y a cependant un énorme piège : si l’accord avec le Canada (CETA) progresse, alors les multinationales n’auront même pas besoin du TAFTA pour imposer leurs règles à notre démocratie, puisqu’elles n’auront qu’à domicilier une filiale au Canada pour faire jouer les règles de l’arbitrage privé.

François Hollande doit mettre fin aux négociations sur ces deux traités.

Un sondage, publié lundi par l’ONG SumofUs, indiquait que 62 % des personnes interrogées demandaient qu’on mette fin aux projets d’accords de libre-échange transatlantique TAFTA et CETA. Mardi, l’ONG Foodwatch publiait une étude qui démontre que ces accords neutraliseraient le principe de précaution. Pire, le traité CETA pourrait entrer en vigueur dès cet automne sans que les parlements nationaux ne soient même consultés.

Négociés dans l’opacité le plus complète, ces accords nocifs instaurent une régime juridique qui place les intérêts des multinationales au-dessus de toute régulation démocratique.

EELV refuse ce basculement qui entraîne la démocratie sur un planche glissante du pouvoir du peuple à celui de la seule finance.

Le Président et le Premier ministre doivent dès aujourd’hui faire pression sur la Commission européenne pour interrompre les négociations. Pas peut-être, pas demain, pas à certaines conditions : TAFTA et CETA doivent être stoppés maintenant. EELV a pris connaissance des récentes déclarations du Premier ministre et lui demande de passer des paroles aux actes. Il en va de la restauration de la confiance des citoyens dans les institutions et le projet européen.

Les Français s’opposent à ces traités avec raison : ils représentent une menace pour l’agriculture, pour l’emploi, notamment industriel, pour la protection des données, pour la santé et l’environnement. Ils favorisent les investisseurs étrangers en confiant à des tribunaux privés le pouvoir de remettre en cause les législations des États et des collectivités.

TAFTA et CETA sont les symboles des travers de l’Union européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui. L’avenir de l’Union ne peut se limiter à deux propositions, entre libéralisme débridé et nationalisme étriqué. Après le vote du Brexit, les dirigeants européens doivent prendre leur responsabilité et se mobiliser contre ces traités néfastes. Ce n’est pas en ignorant les citoyens et en mettant en péril le libre exercice démocratique que l’on pourra reconstruire l’Union européenne.

EELV invite l’ensemble des citoyen-ne-s à rejoindre le mouvement contre le TAFTA et contre le CETA en signant cette pétition:

https://www.collectifstoptafta.org/l-actu/article/tafta-ceta-demandez-a-francois-hollande-de-mettre-un-terme-aux-accords

Julien Bayou, Sandra Regol, porte-parole nationaux