Soutien à la plainte contre la centrale du bugey : EELV solidaire des Genevois 
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le groupe local europe ecologie les verts Annecy/Faverges soutient l’initiative genevoise contre le maintien en activite de la centrale du Bugey à saint Vulbas

La commune et le canton de Genève ont décidé de porter plainte contre X, face à la menace que représente la Centrale de Saint –Vulbas dans l’Ain : émission de Tritium, défaut de radier, enceinte de confinement non sécurisée stockage d’importants déchets hautement radio-actifs à l’air libre (dans l’attente d’un transfert dans 10 ans à Bure !) conduisent, selon les autorités genevoises, à une mise en danger de la vie d’autrui.

Pourquoi apportons-nous notre soutien à cette initiative qui ne manque pas de panache ?

Nous sommes, tout comme Genève, dans la zone de 100 km classée risque de contamination majeure, depuis le désastre de Fukushima.

La Centrale du Bugey qui compte 5 réacteurs, et alimente principalement Lyon et la Suisse en électricité, est, de peu derrière Fessenheim, la plus ancienne centrale nucléaire de France. Elle en concentre les mêmes problèmes et questionnements après 38 ans de service intensif.
Aujourd’hui 2 réacteurs sont à l’arrêt. L’enceinte de confinement de l’un deux fuit sans que la fuite puisse être contenue. Pas rassurant.
Comme le font remarquer nos amis suisses, et comme la centrale de Fessenheim, elle se trouve dans une zone inondable (le Rhône coule à ses pieds à la confluence avec l’Ain) et de plus sismique.
Du même type que la Centrale de Cattenom, dont le Luxembourg demande la fermeture, elle n’aurait pas, comme le relève Rémi Pagani, Conseiller Administratif de la ville de Genève, pu passer avec succès le contrôle technique appliqué en Allemagne.
L’émission « Un jour en France » du 26 avril dernier sur France Inter, a permis d’entendre des témoignages glaçants sur la santé et le manque de formation des personnels travaillant pour des sous traitant (les « nomades du nucléaire » ceux qui « prennent de la dose » d’irradiation), l’épuisement et la précarité des personnels dus à la réduction des postes, la non transmission des connaissances des personnels expérimentés partant en retraite, la sous information des populations vivant dans la zone critique.

Les responsables d’EdF nient tout en bloc et écartent toutes les critiques. Déjà lors de la construction de St Vulbas en 1970 des manifestations avaient eu lieu et en réponse le nucléaire était présenté comme ultra sûr.
Trois accidents majeurs plus tard (Three Mille Island aux USA, Tchernobyl et Fukushima) l’Autorité de Sureté Nucléaire déclare que la question d’un tel accident en France est posée non pas pour savoir « si » mais « quand » et « où ».
Récemment à la centrale nucléaire de Paluel (Seine Maritime), un grave accident, qui était jugé comme inconcevable, s’est produit lors de l’échange d’un gigantesque générateur de vapeur (465 tonnes et 22m de hauteur), élément essentiel, en contact immédiat du cœur du réacteur (cf le Canard Enchainé des 24/04 et 4/05). Du fait de la défaillance d’un palan dont les salariés s’étaient alarmés, le générateur a chuté causant un terrible choc qui pourrait avoir endommagé la cuve du réacteur. Celui-ci est sans doute condamné à un très long arrêt, voire un arrêt définitif.

Alors qu’EdF/Aréva est dans une situation financière catastrophique, la course en avant continue pour essayer de prolonger, par un programme pharamineux et coûteux (peut être 100 milliards d’€) le parc nucléaire français. Qui plus est en voulant se lancer dans des constructions périlleuses comme deux surgénérateurs sur le site de Hinkley Point en Angleterre (projet privé qui lierait directement EdF à ses résultats).

Comme l’indique J.F. Julliard, directeur Général de Greenpeace France dans Le Monde du 7 mai, « EdF pourrait envisager plus sereinement la fermeture de ses réacteurs et se détourner du projet coûteux et risqué de prolongation de son parc nucléaire au-delà de 40 ans et investir massivement dans les énergies renouvelables en France et dans le monde, un marché en pleine croissance.  Aujourd’hui même le marché nucléaire chinois fond comme neige au soleil au profit des énergies renouvelables dont la Chine est devenue le premier acteur mondial. »

Nous demandons avec insistance :

  • le plan détaillé des mesures prévues pour la protection des populations.
  • l’élimination rapide de la plate forme de stockage extérieure
  • une information complète des populations dans le rayon de 100 km autour de la Centrale sur les risques d’accident nucléaire majeur
  • l’étude rapide des conditions de fermeture de la Centrale du Bugey
  • la substitution, par des énergies renouvelables, de l’énergie électrique produite par cette centrale nucléaire