À propos de l’arrêté interpréfectoral de restriction de circulation des poids-lourds lors des pics de pollution dans les vallées alpines
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Un projet d’arrêté interpréfectoral prévoit la possibilité de limiter, lors des pics de pollution, la circulation des poids-lourds les plus polluants dans la vallée de l’Arve, les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise ainsi que dans les zones urbaines des pays de Savoie.

Ce projet d’arrêté marque pour nous une étape dans la lutte pour une meilleure qualité de l’air.

En effet, jusque-là, ce sont essentiellement des mesures du Plan de Protection de l’Atmosphère de la Vallée de l’Arve concernant les particuliers et certaines entreprises qui ont été appliquées. Aussi nous nous félicitons que la question de l’impact des transports de marchandises sur la pollution de l’air soit enfin soulevée.

Cependant, si nous sommes favorables à des mesures de restriction de la circulation des poids-lourds les plus polluants, notamment lors des pics de pollution, les modalités prévues dans ce projet d’arrêté inter-préfectoral nous paraissent insuffisantes et donc à compléter.

En effet, dans le texte présenté, il s’agirait en cas d’alerte à la pollution dans l’une des vallées (la vallée de l’Arve, ou la vallée de la Maurienne) ou dans les zones urbaines des pays de Savoie, d’interdire temporairement, dans cette vallée, le passage des camions les plus polluants (de plus de 7,5 tonnes et aux normes inférieures ou égales à Euro 3)… pour les reporter sur l’autre vallée !

C’est uniquement dans le cas où les deux vallées (ou les zones urbaines des pays de Savoie) seraient en alerte de manière concomitante que les camions devraient emprunter un autre itinéraire.

Il n’est pas acceptable pour nous d’améliorer la situation d’une vallée en aggravant la qualité de l’air de l’autre !

camions sur le trainNous demandons le report des camions sur l’autoroute ferroviaire alpine (Aiton–Orbassano), avec chargement et déchargement dès Ambérieu ou la Vallée du Rhône. On pourrait ainsi réduire le trafic poids-lourds au Mont-Blanc et en Maurienne et la pollution dont ils sont responsables.

Par ailleurs, nous attirons l’attention sur le choix d’intervenir uniquement lors des alertes à la pollution. On sait que sur le plan sanitaire, c’est l’exposition de fond, tout au long de l’année qui est la plus nocive. C’est donc également toute l’année qu’il faut tenter de réduire cette pollution liée aux transportspour obtenir une amélioration significative de la qualité de l’air.

Il est urgent pour cela de s’engager dans une réflexion sur l’évolution des modes de transports de marchandises.

Nous constatons et regrettons que la Préfecture et les services de l’État restent sourds à toutes les questions et les demandes portant sur un report des camions sur les voies ferroviaires.

En conséquence, nous réaffirmons que l’État doit mettre en œuvre une politique des transports cohérente favorisant le fret ferroviaire et le report modal.

Nous invitons les citoyens à faire part de leurs contributions et réactions dans le cadre de la consultation publique avant le 15 Juin. les contributions sont à envoyer par mail à l’adresse suivante :
consultation.arrete-interprefectoral@developpement-durable.gouv.fr

Pour consulter l’arrêté : http://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/arrete-interprefectoral-de-a3568.html

Voir aussi les camions sur le rail maintenant et pas dans dix ans