Lettre ouverte à Michel Platini
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Nyon – Genève/Ferney-Voltaire – Thonon-les-Bains, le 9 février 2013

Lettre ouverte à

Michel Platini, président de l’UEFA

Laissez le stade de Genève-la Praille vibrer pour l’ETG et le SFC !

 

 

 

 Les Verts de l’Agglo franco-valdo-genevoise :

Philippe MARTINET, député au Grand Conseil vaudois (président en exercice), Nyon

Peter LOOSI, Genève – Ferney-Voltaire

Jean-Pierre BURNET, Thonon-les-Bains

Au printemps 2010, l’UEFA a refusé au club de football Evian-Thonon-Gaillard (ETG FC) le droit de jouer au stade de Genève-la Praille, au motif qu’aucun club ne peut jouer son championnat national à l’étranger. Ceci malgré un large front de soutien à ce projet des deux côtés de la frontière; les seules voix discordantes étant alors quelques supporters nostalgiques du Servette n’ayant pas encore digéré la disparition de leur stade – ce qu’on peut comprendre – et des politiciens genevois craignant la venue de fans frontaliers.

 Depuis lors, on a vu qu’il y avait un vrai engouement pour le foot à Genève quand les Servettiens de Genève obtiennet des résultats. Et l’ETG demeure un club certes un peu «hors-sol» mais capable, lui aussi, de faire briller les yeux des sportifs de toute une région. De fait, les deux clubs bénéficient de la compétence de dirigeants passionnés mais lucides: le tandem Frank Riboud–Patrick Trotignon à l’ETG, Hugh Quennec et son staff au SFC.

 Malgré cela, les Roses haut-savoyards demeurent les «sans domicile fixe» du foot français. Et tout laisse à penser que cela va durer car, entre les légitimes oppositions au sacrifice des dernières terres agricoles au nord d’Annecy (à Seynod), les problèmes pour coincer un stade dans une zone marécageuse entre Annemasse, le Petit-Salève, une autoroute et une ligne ferroviaire (à Etrembières, soit à quelques encablures du stade de Genève-la Praille), un partenariat public-privé (PPP) introuvable et les quelque 60 à 80 millions d’euros difficles à dégager en période de crise, aucune solution raisonnable ne semble envisageable.

 A moins que l’UEFA ne spécule cyniquement sur la relégation de l’ETG, il est donc grand temps qu’elle revoie sa position. Une consultation des responsables politiques tant au Conseil d’Etat genevois que parmi les maires français et des dirigeants du club (évoluant aujourd’hui dans la plus haute ligue française avec l’Olympique de Marseille, le Paris Saint-Germain FC et le LOSC Lille) montre que le projet de valoriser les installations de la Praille demeure la meilleure solution pour tout le monde.

 Mais surtout, par rapport à 2010, deux éléments fondamentaux ont changé:

1° l’Agglo franco-valdo-genevoise existe désormais formellement. L’ETG ne jouerait donc pas «en Suisse» mais dans son bassin de vie naturel, juridiquement organisé en gommant les frontières. Rien à voir avec Liège demandant à jouer dans le championnat français ou tel club polonais en Ukraine, pour reprendre un argument de l’UEFA. Ce n’est pas à Monsieur Platini – dont le bureau est à Nyon, en face de la Savoie, et qui prend presque chaque semaine l’avion à Genève – qu’il est besoin de longues explications !

2° l’UEFA s’est promise d’introduire le «fair-play financier» et de traiter le cancer des matches truqués par les organisateurs de paris. Or, il ne sera pas possible d’assainir la gestion du foot professionnel si on oblige par ailleurs les clubs et les pouvoirs publics à mobiliser des sommes pharaoniques pour les infrastructures. L’argent doit d’abord aller à la formation et au sport.

 Monsieur le Président de l’UEFA, la balle est dans votre camp: réunissez sans délai les clubs et autorités politiques concernés. Et que la Praille vibre comme le San Siro de Milan pour l’Inter et l’AC, tantôt pour l’ETG, tantôt pour le SFG !