Comprendre la question du Nucléaire
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Comprendre la question du Nucléaire

Par Laurent BLONDAZ, membre du CPR EELV Savoie

Pourquoi il faut sortir du nucléaire…

L’industrie du nucléaire nous fait courir des risques insensés. Albert Einstein affirmait : « L’énergie atomique est une façon diabolique de faire bouillir l’eau ».
En terme de sûreté, le risque zéro n’existe pas. Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima en sont un triste exemple. La France est le pays qui possède la plus grande concentration de réacteurs nucléaires dans le monde. Il est à craindre que ce soit le prochain pays qui connaisse un accident majeur.

Il est important de rappeler combien la radioactivité est dangereuse, tant les manœuvres de banalisation sont fréquentes. Pour Tchernobyl, le nombre de décès directement imputables à la radioactivité varie entre 9 000, selon le rapport élaboré en 2006 par plusieurs agences de l’ONU sous la houlette de l’AIEA, et 90 000 selon Greenpeace. [1] Une étude russe traduite et publiée par l’académie des sciences de New-York conclut à un total de 985 000 morts prématurées entre 1986 et 2004, occasionnées par la radioactivité dégagée par l’accident [2]

Outre le risque d’accident sur un réacteur, le nucléaire produit aussi des déchets que l’on ne sait ni traiter, ni stocker à long terme en sécurité. Par ailleurs, le démantèlement des centrales est un problème technologique non résolu à ce jour.

La période de radioactivité de certains isotopes est infiniment longue à l’échelle de l’être humain : 24 000 ans pour le Plutonium 239, 80,8 millions d’années pour le Plutonium 244, 710 millions d’années pour l’Uranium 235, 4,5 milliards d’années pour l’Uranium 238. Le risque le plus cauchemardesque pour une population évacuée est de ne même pas pouvoir retourner sur son territoire, lorsque celui-ci a été irradié pour des millions d’années, de s’interdire toute reconstruction, C’est le cas par exemple du peuple de l’atoll de Bikini, irradié à l’occasion d’essais nucléaires américains dans les années cinquante.

Outre les risques humains, le nucléaire comporte un risque économique majeur. Sur 30 ans, plusieurs rapports de l’AIEA estiment le coût de la catastrophe de Tchnernobyl à plusieurs centaines de milliards de dollars [3]. Elle a mené à l’effondrement économique du régime soviétique quelques années plus tard. L’accident nucléaire de Fukushima est lui déjà estimé à au moins 245 milliards de dollars [4].

 

Sortir du nucléaire est-ce possible ?

L’impossibilité de sortir du nucléaire, ancrée dans l’esprit de nombreux de nos concitoyens ne tient qu’à un conditionnement idéologique franco-français. L’énergie nucléaire, si elle représente environ 80% de l’énergie électrique produite en France, ne correspond dans le monde qu’à 6% de l’énergie produite [5]. Le grand enjeu technologique mondial, n’est pas le nucléaire mais la sortie des énergies fossiles. En Europe, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie ont décidé de s’affranchir du nucléaire à moyen terme.

La France s’acharne à développer cette industrie sous la pression de lobbies industriels pour deux raisons : ceux-ci « maitrisent » cette technologie, et d’autre part le mode de distribution centralisé inhérent au nucléaire permet de protéger un marché, au détriment des consommateurs qui eux-même pourraient investir massivement dans des énergies alternatives et décentralisées.

 

L’association Négawatt promeut une sortie du nucléaire par une stratégie s’appuyant sur les trois axes suivants :
– développer une culture de sobriété énergétique
– investir dans le rendement énergétique
– investir dans les énergies renouvelables

 

 

 

Une étude scientifique « Un courant alternatif pour le Grand Ouest » [6], commandée par le réseau Sortir du Nucléaire, démontre que pour le coût d’investissement d’un réacteur EPR, il est possible par la statégie des Négawatts, de répondre mieux aux besoins énergétique d’un territoire, tout en créant un nombre bien supérieur d’emplois (agrandir tableau ci-contre).

 

 

 

L’association négawatt propose (schéma ci-contre) un scénario tout à fait réaliste de sortie du nucléaire sur le moyen terme, et de réduction forte du recours aux énergies fossiles.

 

 

 

 

 

 

 

La sortie du nucléaire est un enjeu majeur pour notre société. Ne laissons pas à nos enfants un monde cauchemardesque. Ne sacrifions pas l’avenir à nos pulsions du moment, pulsions effrénées de consommateurs insatiables.
Ensemble, impliquons-nous pour développer des alternatives à cette énergie destructrice.

 

L.B.

 

Sources :
[1] : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/heritage-sovietique/tchernobyl.shtml
[2] : « Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment ». Annals of the New York Academy of Sciences.
[3] : Rapport IAEA Page 33  « Belarus, for instance, has estimated the losses over 30 years at US $235 billion. »
[4] : http://www.monstersandcritics.com/news/asiapacific/news/article_1642603.php/Japan-nuclear-crisis-may-cost-up-to-20-trillion-yen
[5] : http://www.neb.gc.ca/clf-nsi/rnrgynfmtn/nrgyrprt/nrgyftr/2007/nrgyftr2007chptr2-fra.html (toutes énergies confondues)
[6] : document de présentation sur http://reunionsdebats.sortirdunucleaire.org/download/Nucleaire_ou_alternatives.pdf
rapport complet sur http://sortirdunucleaire.org/sinformer/brochures/courant-alternatif/etude-complete.pdf
En savoir plus
site de Sortir du nucléaire : http://www.sortirdunucleaire.org/
site de Negawatt : http://www.negawatt.org/

site de stop Bugey : http://stop-bugey.org/
La centrale du Bugey, située à proximité de notre région, est placée sur une zone sismique. Elle possède quatre réacteurs REP de 900Mw , mis en service il y a plus de trente ans. Depuis 2010, ce site a été choisi pour accueillir le centre national de stockage des déchets nucléaire ICEA . Avec celle de Fessenheim en Alsace, la centrale du Bugey est jugée comme la plus dangereuse de France.

 

d’autres liens encore :
http://nucleaire-nonmerci.net/
http://www.stop-epr.org/

La Bataille de Tchernobyl (film) : http://www.dailymotion.com/video/x6xbsg_la-bataille-de-tchernobyl-1-5_news

L’actualité sur Fukushima